développement durable Christian Brodhag

développement durable Christian Brodhag

PARTIE I CONSTAT Les consquences de la croissance sur le dveloppement durable Introduction La croissance conomique infinie fonde sur lutilisation de ressources finies et puisables, nest pas durable La croissance dmographique et son acclration rcente = un risque accru de pression sur lenvironnement

Le changement climatique menace lhumanit toute entire, mais ce sont les pauvres, une catgorie qui nest pas responsable de la dette cologique que nous accumulons, qui sont confronts aux cots humains les plus immdiats et les plus svres Le changement climatique rode le potentiel humain, les liberts et les droits de lhomme Source : Rapport du PNUD 2007- 2008 I Des consquences dommageables

II Surtout pour les pays les plus pauvres I- Des consquences dommageables A.Le rchauffement climatique B. Lpuisement des ressources naturelles A Le rchauffement climatique 1 Une augmentation des tempratures moyennes Laugmentation des missions de CO2 entrane une augmentation des concentrations et des tempratures En 100 ans, la

terre sest rchauffe de 0,70C Les concentrations atmosphriques de CO2 croissent de 1,9 ppm par an. Elles ont atteint 379 ppm en 2005 Entre 2000 et 2005, en moyenne 26 Gt CO2 ont t relches dans latmosphre

chaque anne Rchauffement prvu de lordre de 4C Selon les conclusions du dernier rapport des experts sur les changements climatiques (IPPC) les rsultats des modles restent disperss 7 Changement en temprature C 6 5 4 A1F1 A1B A1T A2 B1

B2 IS92a 3 2 1 0 1800 1900 2000 Intervalles pour 2100 pour les diffrents 2100 modles

annes Source GIEC 2001 C. Brodhag, ENSM SE, http://www.brodhag.org 2- LES REPERCUSSIONS DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE La diminution de la biodiversit Indice des espces forestires, 1970-2000 Indice des espces deau douce, 1970-2000 Indice des espces marines, 1970-2000

1,4 1,4 1,4 1,2 1,2 1,2 1,0 1,0 1,0

0,8 0,8 0,8 0,6 0,6 0,6 0,4 0,4 0,4 0,2

0,2 0,2 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 Lindice Living Planet du WWF montre que la biodiversit de la plante diminue un rythme comparable celui des grandes extinctions de masse du pass. Source WWF : www.panda.org C. Brodhag, ENSM SE, http://www.brodhag.org 3- LE RECHAUFFEMENT

AGGRAVE PAR LE GASPILLAGE DE LEAU PAR LHOMME La disponibilit en eau m3/personne/an 2000 4500 2050, sans changement climatique 4000 2050, avec changement climatique 3500 3000 2500

2000 1500 1000 500 0 Japon France Espagne Chine Inde Turquie Kenya

Daprs IPCC, 1998 cit. in Martin Beniston, Directeur de l'unit de gographie (Universit de Fribourg - Suisse) C. Brodhag, ENSM SE, http://www.brodhag.org B- VERS UN EPUISEMENT DES RESSOURCES NATURELLES ? La production d'nergie dans le monde en 2000 Production primaire totale d'nergie mondiale : 9963 Mtep combustibles renouvelables autres dchets 11,1% 0,1% hydraulique 1,8% 0,9%

nuclaire charbon 24,9% combustibles renouvelables autres dchets 11% 0,5% hydraulique 2,3% nuclaire 6,8% charbon 23,5% 16,2% gaz gaz

21,1% ptrole ptrole 45% 1973 : 6040 Mtep 34,9% 2001 : 9963 Mtep OCDE : production primaire totale = 5 317 Mtep (53 % pour 18,6 % de la population !) N. Gondran, ENSM SE le gaz naturel et le ptrole conventionnel, le scnario du pic ptrolier

http://www.peakoil.net/ C. Brodhag, ENSM SE, http://www.brodhag.org Evolution de la consommation dnergie depuis 1970 Source : Agence interrnationale de lnergieIE , 2007 II Qui touche particulirement les pays pauvres Les changement climatique seront dommageables pour lagriculture des pays en dveloppement Risque et vulnrabilit Personne au monde nest labri du

changement climatique La vulnrabilit mesure la capacit grer les dangers climatiques sans souffrir dune atteinte au bien-tre potentiellement irrversible long terme Le niveau de dveloppement humain conditionne le processus de transformation des risques en vulnrabilits Les piges dun dveloppement humain de faible niveau Les cots potentiels du changement climatique ont t sous- estims

Les risques climatiques enferment les gens dans une spirale descendante de dsavantages qui sape leurs possibilits davenir En thiopie, natre pendant une scheresse augmente de 35 pour cent la probabilit des enfants dtre mal nourris. Cela se traduit par prs de 2 millions denfants mal nourris supplmentaires en 2005. Les femmes indiennes nes lors dune scheresse ou dune inondation pendant les annes 70 avaient 19 pour cent de chance en

moins daller lcole primaire. Les risques de catastrophes affectent de manire disproportionne les pays en dveloppement 1 personne sur 19 est affecte dans les pays en dveloppement Dans les pays de lOCDE cest un personne sur 1,500 Un diffrentiel de risque de 79 Le Rapport mondial du PNUD 2007- 2008 sur

le dveloppement humain souligne que : Les pauvres souffrent et souffriront davantage avec le changement climatique. Ils sont les plus menacs de reculs du dveloppement humain qui conduisent des piges de dveloppement humain. Le changement climatique est un problme urgent. Nous devons agir maintenant. Tant lattnuation que ladaptation sont ncessaires pour rellement lutter contre le changement climatique et contre les menaces quil fait peser sur lhumanit. PARTIE II LIMPERIEUSE NECESSITE DUN DEVELOPPEMENT DURABLE

I DEFINITION DU DEVELOPPEMENT DURABLE un dveloppement qui rpond aux besoins du prsent sans compromettre la capacit des gnrations futures rpondre aux leurs. Deux concepts sont inhrents cette notion : - le concept de "besoin", et plus particulirement des besoins essentiels des plus dmunis, qui il convient daccorder la plus grande priorit, et - lide des limitations que ltat de nos techniques et de notre organisation sociale imposent sur la capacit de lenvironnement rpondre aux besoins actuels et venir. Rapport Brundtland : Notre Avenir Tous, rapport de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Dveloppement, Les Editions du Fleuve, 1987, p 51 Au moins trois questions majeures sont poses par cette question

Les besoins du prsent sont les besoins de qui ? Lorientation du rapport : vers une meilleure quit entre les tre humains quel que soit leur territoire dorigine Quel est lhorizon de temps correspondant au futur ? Pas dhorizon prcis Et surtout : qui se charge de dfinir les besoins des gnrations futures ? Ide que cest la gnration actuelle qui doit faire ses meilleurs efforts pour y parvenir II - HISTORIQUE DE LA NOTION DE

DEVELOPPEMENT DURABLE Le Dveloppement Durable est un concept international n au cours des annes 1980 : il revisite les enjeux de la dmographie et de la croissance 1798 Rvolution industrielle Malthus puis 30 glorieuses Essai sur le principe de la population Stopper la

croissance dmographique ! 1968 1972 1980 1987 1992 2002 Stratgie de Club de Conf. ONU Notre futur Sommet Sommet

prservation sur lenvt Rome commun de Rio de Joburg mondiale + rapport de Stockholm (rapport Rio+10 (ONU) (PNUE/ Meadows + cration Brundtland (ONU) UICN/ PNUE (1972) pour lONU)

WWF) Croissance conomique zro ! Dveloppement Durable ! Fortes perturbations sur lenvironnement (ressources/pollution) Forte croissance conomique Forte croissance dmographique III- Les apports de la notion de Dveloppement Durable par rapport au club de Rome

Ne pas stopper la croissance conomique car elle seule permet lamlioration des conditions de vie Parvenir une croissance conomique leve dans les pays en dveloppement Dcoupler la croissance conomique de lutilisation des ressources puisables dans les pays dvelopps Investir les gains issus de lactivit conomique dans linnovation Le dveloppement durable, une coopration entre environnement & dveloppement La contradiction entre l'environnement et le dveloppement nonce par le Club de Rome au dbut des annes 70 pourrait tre rsolue par la recherche dun nouveau mode de dveloppement pour lequel la croissance conomique serait dcouple de la pression sur

lenvironnement. La commission Brundtland propose en 1987 : le dveloppement durable. Dveloppement durable Environnement dgrad Economie dveloppe Jeu somme nulle Environnement prserv Economie dveloppe Jeu somme positive Environnement dgrad Economie sousdveloppe Jeu somme ngative Environnement prserv

Economie sousdveloppe Jeu somme nulle Approches comptitives Approche cooprative daprs Aurlien Boutaud, ENSM-SE, RAE IV- UNE MESURE DU DEVELOPPEMENT DURABLE : LEMPREINTE ECOLOGIQUE QUEST-CE QUE CEST ? Une mesure de la surface ncessaire

pour produire les ressources et absorber les dchets d un groupe humain Un indicateur de limpact global de lhomme sur la plante Elle sapplique un individu, une ville, un pays, ou la Terre V Dveloppement durable et croissance sont ils compatibles ? Le dveloppement durable, une coopration environnement & dveloppement : proposition de mthode d'valuation Indicateur de dveloppement humain IDH) Besoins des gnrations actuelles

Niveau de durabilit cologique 1 0,9 dveloppement durable 0,8 IDH, niveau moyen 0,7 0,6 0,5

0,4 0,3 0,2 0,1 0 11 10 9 8 7 6 5

4 3 2 Empreinte cologique (ha/hab) 1 Besoins des 0 gnrations futures Performance des nations en matire de dveloppement durable : combien de plantes? gnrations actuelles

Indicateur de dveloppement humain IDH) Europe du Sud + "NPI" Europe du Nord et de l'Ouest USA, Australie, Besoins des Canada 1 Pays "mergents" d'Asie et

d'Amrique du Sud (+ Turquie) 0,9 Pays "mergents" d'Afrique du Nord, Moyen Orient, Asie 0,8 0,7 0,6 0,5 Pays en voie de dveloppement d'Asie et d'Afrique 0,4 0,3

Nombre de plantes ncssaires en fonction de lempreinte cologique 0,2 0,1 0 11 10 9 8 7 6

5 4 3 2 Empreinte cologique (ha/hab) 1 Besoins des 0 gnrations futures Du chemin du dveloppement "classique" aux chemins du dveloppement durable

Indicateur de dveloppement humain IDH) Besoins des gnrations actuelles 1 : chemin du dveloppement "classique" : chemins du dveloppement durable /5 /3 0,9 dveloppement durable

0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0 11 10 9 8 7

6 5 4 3 2 Empreinte cologique (ha/hab) 1 Besoins des 0 gnrations futures 2 hectares/habitant

n 2050, si nous ne faisons rien, lempreinte cologique sera Source : deux fois suprieure la capacit mondiale. Mardi 23 septembre, rien n'a chang dans le quotidien des Terriens. Pas de pnurie dans les magasins d'alimentation, pas de coupure d'eau ou d'lectricit inhabituelle. Pourtant, selon l'organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, le 23 septembre, un vnement important a eu lieu. C'tait le "Global Overshoot Day", littralement "le jour du dpassement global". Il signifie que, entre le 1 er janvier et le 23 septembre, l'humanit a consomm les ressources que la nature peut produire en un an. A partir du 24 septembre, et jusqu' la fin de l'anne, l'humanit vit en quelque sorte audessus de ses moyens. Pour continuer boire, manger, se chauffer, se dplacer, elle surexploite le milieu naturel et compromet sa capacit de rgnration. Elle entame donc son capital. Le "jour du dpassement", image destine frapper les esprits, a t invent par les crateurs du concept d'empreinte cologique. Dans la foule du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, les universitaires William Rees et Mathis Wackernagel ont mis au point une mthode permettant de mesurer l'impact des activits humaines sur les cosystmes. Selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l'humanit ont commenc

excder les capacits productives de la Terre en 1986. Depuis, sous l'effet de l'augmentation de la population mondiale, la date laquelle l'humanit a puis les ressources thoriquement produites en un an n'a cess d'avancer. En 1996, notre consommation dpassait de 15 % la capacit de production du milieu naturel, et le "jour du dpassement" tombait en novembre. En 2007, c'tait le 6 octobre. Source : G.Dupont , Le jour o lhumanit a puis le produit global de la Terre , Le Monde ,24/09/2008 EMPREINTE ECOLOGIQUE PAR PAYS Source : L'outil utilis par le Global Footprint Network permet de quantifier l'volution de la consommation de ressources dans le temps et de sensibiliser aux consquences de leur surexploitation. Il autorise aussi des comparaisons entre rgions du monde. Les habitants des Emirats arabes unis ont l'empreinte cologique la plus leve : chaque habitant consomme chaque anne l'quivalent de 12 hectares globaux. Les Amricains les suivent de prs, avec 9,5 ha. La France se

situe au 12e rang mondial, avec un peu moins de 6 ha. Les habitants du Bangladesh, de la Somalie et de l'Afghanistan sont les plus petits consommateurs de ressources au monde, avec moins d'un demi-hectare. Source : G.Dupont , Le jour o lhumanit a puis le produit global de la Terre ,Le Monde , 24/09/2008 PARTIE III QUELLES SOLUTIONS ? I Croissance et dveloppement durable ne sont pas incompatibles : la vision optimiste A La transformation de la demande due la croissance A:

La croissance moderne prend gnralement la forme d'une production de services plus importante , comme les loisirs, l'ducation ou la sant . Ce ne sont pas des activits polluantes. La croissance des revenus peut aider lenvironnement si elle saccompagne de la croissance de telles activits. Lier croissance et pollution dtourne notre attention des activits qui dtruisent lenvironnement et quon pourrait rendre plus chres ( ) SOURCE : S.Trouvelot et G.Duval , Entretien avec Robert Solow , Alternatives conomiques , n 155, janvier B: L'exprience des pays dvelopps a montr que l'enrichissement des populations s'est accompagn de la demande d'un environnement plus sain, ce qui a conduit un renforcement des normes et une amlioration de la qualit de l'environnement dans certains domaines (cas de la pollution de l'air dans les villes, notamment). ( L'environnement )

serait un bien suprieur , c'est--dire un bien dont la demande augmente avec le revenu ( l'instar de la sant ou des loisirs). Il s'agit l d'une hypothse trs plausible : l'vidence, pour les individus les plus pauvres, la tche de se nourrir, se loger, se vtir, ne laisse gure de place d'autres proccupations. Ce qui est vrai au niveau individuel l'est aussi au niveau national : toutes les personnalits auditionnes par votre rapporteur ont confirm que les pays du Sud taient, dans les enceintes internationales, moins sensibles aux questions environnementales que les pays du Nord. L'lvation du revenu s'accompagnerait donc d'exigences citoyennes nouvelles. De plus, la croissance du PIB permet de dgager plus facilement des ressources pour financer les politiques environnementales. Pour les individus comme pour les nations, il est sans doute plus facile de sacrifier une partie de sa consommation pour protger l'environnement lorsque les revenus sont levs. Rapport du Snat 2008 B Le rle de la rgulation marchande Le nombre trop lev de voitures Paris est un exemple de

rgulation inefficace. Si on veut augmenter la qualit de l'air, il faut inciter consommateurs et industriels aller dans ce sens. Dans notre culture, ce seront gnralement des incitations financires. Il faut commencer par tudier plus prcisment les relations entre les phnomnes :pour diminuer de 1 % la pollution de l'air, il faut diminuer de X % les missions des vhicules. Les gens pourront alors choisir, par leurs votes ou par leur argent, comment ils veulent atteindre l'quilibre entre la disponibilit des biens et des services et la qualit de l'environnement. SOURCE : S.Trouvelot et G.Duval , Entretien avec Robert Solow , Alternatives conomiques , n 155, janvier 1998 Evolution du prix du ptrole depuis un sicle http://www.dani2989.com/matiere1/oilprice31102004.htm Evolution du cours du ptrole depuis 2004

http://www.capital.fr/actions/default.asp? sicovam=31.1.XWTI&rep=Max#Periode La flambe des cours du ptrole en juin a fait chuter la consommation de carburants en France, notamment celle des mnages qui ont nettement moins achet d'essence pour leur voiture, selon l'Union franaise des industries ptrolires (Ufip). La demande de carburants en France a subi une "chute norme" de 10% en juin par rapport juin 2007, et un recul "significatif" d'environ 1,5% sur six mois, a affirm jeudi l'AFP le prsident de l'Ufip, Jean-Louis Schilansky . Ce recul de la consommation "rejoint la tendance aux Etats-Unis", o la demande d'essence a baiss, et alimente les craintes des marchs d'une baisse de la demande en ptrole. Les prix du ptrole avaient perdu jeudi plus de 20 dollars depuis leur record du 11 juillet, en raison notamment de ces craintes. Dans le sillage de ce recul du brut, les prix des carburants en France ont amorc une baisse la semaine dernire, qui pourrait se poursuivre la semaine prochaine si les cours du ptrole restent autour de 130 dollars, selon l'Ufip. Source : AFP , la hausse du prix du ptrole a fait chuter la consommation de carburants en France , 24/08/2008

C Le rle du progrs technique La population mondiale est bien plus importante aujourd'hui qu'au dbut du sicle, et pour beaucoup le niveau de vie a considrablement progress. La question de savoir si le niveau de vie et la population continueront de crotre l'avenir intresse tout le monde. Pour de nombreux observateurs, les ressources naturelles constituent une limite la croissance des conomies. De fait, puisque certaines ressources naturelles sont non renouvelables, on voit mal comment la population, la production et les niveaux de vie pourraient crotre l'infini. Certains gisements finiront par s'puiser, ce qui amnera probablement un ralentissement de la

croissance et peut-tre mme une rduction des niveaux de vie... En fait les conomistes sont moins inquiets que cela. En effet, pour eux, le progrs technologique fournit souvent les moyens de contourner ces limites. L'utilisation des ressources naturelles s'est nettement amliore au cours des quarante dernires annes. Les voitures modernes consomment beaucoup moins d'essence. Les maisons sont mieux isoles... SOURCE : S.Trouvelot et G.Duval , Entretien avec Robert Solow , Alternatives conomiques , n 155, janvier 1998 Un meilleur rendement du charbon pourrait aider rduire les missions de CO2

On retrouve dans cette thse la thorie dveloppe en son temps par Walt W. Rostow qui rsume l'histoire des socits humaines cinq stades de dveloppement. Une fois le dcollage effectu, celles-ci connaissent une croissance autoentretenue [self-sustaining growth} qui modifie la structure de l'conomie. A mesure que le progrs technique se diffuse, des industries nouvelles prennent le relais des anciennes et fournissent aux capitaux de nouveaux dbouchs. La dmonstration de G. Grossman et A. Krueger est novatrice dans le fait que, contrairement W.W. Rostow qui, guerre froide oblige, doutait de l'avenir des socits avances de son temps, elle leur confre un destin plus enthousiasmant.Le dveloppement soutenable ne dsignerait-il pas, en paraphrasant W.W. Rostow, la sixime tape de la croissance?C'est bien ce que semble croire la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) qui ont repris cet argument dans leurs rapports publis en 1992. Source : F.D.Vivien , Croissance soutenable ou croissance zro , Sciences humaines , hors-srie n49 , aot 2005 Certes, il y a des effets d'chelle : plus l'conomie d'un pays crot, plus elle pollue. Mais cet effet est compens par deux autres. Un effet de composition : les services, moins polluants que l'industrie, prenant une place croissante avec le dveloppement, les conomies dgradent de moins

en moins l'environnement. Et un effet technique : avec l'augmentation du niveau de revenu par habitant, des classes moyennes se dveloppent et demandent une meilleure qualit de vie, ce qui se traduit par un renforcement des normes de protection de l'environnement et par l'adoption de technologies moins polluantes. Ce raisonnement est baptis courbe environnementale de Kuznets, car il est calqu sur celui dvelopp dans les annes 50 par l'conomiste Simon Kuznets sur les ingalits : si elles s'accroissent au dbut du dveloppement, elles finissent par se rduire avec l'augmentation des richesses. Ce phnomne n'a cependant rien d'automatique : il rsulte d'actions humaines, et notamment de dcisions politiques. Source : C.Chavagneux , Le Sud et le dveloppement durable , Alternatives conomiques , HS n63 , 2005 D-LE MARCHE DES DROITS A POLLUER

Nos activits entranent souvent des nuisances pour nos voisins ou pour la collectivit. Le lgislateur peut bien sr intervenir pour limiter ces nuisances, mais (...) les libraux disent que ce n'est pas souhaitable et que le march est un procd beaucoup plus commode et efficace.( ) Les cots sociaux, estiment les libraux, rsultent d'une absence ou d'une insuffisance de droit de proprit : l'air est pollu parce qu'il n'appartient personne. Or je suis bien oblig de respirer l'air que les autres me lguent, mme s'ils l'ont rendu irrespirable. En revanche, si l'air m'appartient, les autres ne pourront plus le polluer sauf si je l'accepte, moyennant une indemnisation. Une variante de ce principe consiste dfinir, au niveau national ou rgional, un seuil maximal acceptable de pollution. La collectivit met alors en vente des "droits polluer" dont le total reprsente le plafond tolr de pollution. Si ces droits polluer sont en faible quantit, leur prix va s'lever et cela deviendra trop cher pour certains producteurs qui cesseront donc leur activit et du mme coup leurs nuisances. Quant aux autres, ils seront incits investir

pour trouver et mettre en place des procds de rduction de leur pollution. L encore, un march s'instaure : plus les droits polluer sont coteux, plus les acteurs s'efforcent de rduire leurs missions nocives. On peut mme imaginer que certains producteurs particulirement performants n'utilisent pas tous leurs droits polluer. Ils peuvent alors les revendre, au prix fort, des firmes qui sont dans la situation inverse. Dans tous les cas, il s'agit d'internaliser disent les conomistes, c'est--dire de rendre le cot de la pollution palpable pour susciter des recherches et des investissements. Mais c'est l'intrt qui pousse les acteurs agir ainsi, non l'obligation administrative. (...) Source : SOURCE : D.Clerc , Alternatives conomiques, avril 1992. 1992.

Quand on voque le march des droits polluer aux Etats-Unis, tous les interlocuteurs sans exception vantent les vertus de la main invisible - qui rgule comme par magie offre et demande - capable de rduire, au moindre cot, le taux de pollution .Avant la loi, rgnait le systme de la commande et du contrle . Chaque centrale lectrique se voyait imposer des limites inflexibles d'missions de SO,. Elle devait installer une technologie bien prcise d'puration et tait svrement contrle par les agents de lEnvironnement Protection Agency (Agence de protection de l'environnement). Les directions des centrales jugeaient cet investissement trop cher, elles allaient plaider leur cause en justice et tentaient de faire porter le chapeau d'autres entreprises , explique Cariton Bartels, responsable de la socit de Bourse Cantor Fitzgerald, trs actif sur le march des missions. Quant aux pouvoirs publics, ils n'avaient ni les moyens ni les informations ncessaires pour faire appliquer la loi. Pendant ce temps, la pollution continuait. D'o l'ide d'un changement radical. Le gouvernement amricain impose en 1990 une rduction drastique : les 263 centrales lectriques particulirement polluantes doivent allger l'ensemble de leurs missions de 10 millions de tonnes par rapport au niveau de 1980. Et, en l'an 2000, la cible s'largit aux autres centrales, plus petites et plus propres. L'astuce cest de laisser aux industriels le soin de l'excution du programme. Le gouvernement s'en lave les mains. Ses reprsentants se contentent de distribuer

gratuitement aux acteurs les droits polluer. Et arbitrent le jeu : s'ils rduisent plus que prescrit leurs missions, ils peuvent garder en rserve leurs droits, les transfrer sur une unit plus polluante ou les vendre un concurrent. Source : C.Talbot , Aux Etats-Unis , la mthode a fait ses preuves pour le dioxyde de soufre , 21 mars 2000 votre ema Alors que le protocole de Kyoto entre en vigueur le 16 fvrier, l'Union europenne a choisi un systme bien particulier pour atteindre les objectifs de rduction d'mission de gaz effet de serre: les bourses d'change de droits polluer. Pour atteindre ses objectifs, lEurope a prfr mettre en place un systme de droits polluer rpartis entre les diffrentes entreprises de chaque pays. Une mesure moins coteuse que les autres solutions possibles, selon Cdric Philibert, administrateur de la division de lEnergie et de lenvironnement pour lAgence Internationale de lEnergie. Lintrt cest darriver au cot le plus bas possible, explique-t-il Lexpansion.com. Par rapport linstauration de taxes et mme de normes, ce systme dchange de permis devrait permettre aux entreprises de diviser par deux le cot des objectifs de rduction dmission . Cette solution est d'autant plus acceptable qu'il s'agit de contrler le CO2, polluant chelle global. Sil stait agi dun polluant local cela aurait t plus difficile. Selon l'expert, le fait dattribuer gratuitement ces quotas

devrait galement permettre aux entreprises de prserver leur comptitivit sachant que des entreprises concurrentes, dans d'autres pays, ne sont pas soumises ces contraintes. Concrtement en France, Bruxelles a recens 1140 sites industriels concerns par ces droits polluer . Reste encore rpartir les quotas, mesurs en tonnes de dioxyde de carbone, pour chaque tablissement. Dans lHexagone, les premires transactions sont prvues le 28 fvrier mais dj une bourse europenne sest cre en janvier pour organiser les changes de permis. Un vritable march o les entreprises qui nutiliseront pas entirement leurs quotas pourront les revendre dautres plus polluantes. En cas de dpassement, ces dernires devraient en effet sacquitter dune amende de 40 euros pour chaque tonne mise au-del de leur quota. La pnalit slevant mme 100 euros la tonne en 2008. L'intrt des entreprises est donc de rduire rapidement leurs missions de gaz. La tonne se ngociant aux alentours de 8,5 euros fin 2004, les plus vertueuses pourraient alors mme faire des profits. Mais des profits minimes et temporaires car les entreprises ont peu de marge de manoeuvre. Lattribution de quotas se fait tout de mme en relation avec lmission relle de gaz rejets par lentreprise , tempre ainsi Cdric Philibert. http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/kyoto-ouvre-l-ere-des-droits-a-polluer_108181.html II-LES LIMITES DE CES SOLUTIONS : la vision

pessimiste A LES CRITIQUES DES SOLUTION LIBERALES 1 LA CRITIQUE DE LA COURBE ENVIRONNEMENTALE DE KUZNETS

A: Les premiers travaux sur la courbe environnementale de Kuznets indiquaient que le point de retournement devait se situer autour d'un PIB par habitant de 5 000 dollars. Un niveau atteint par le Mexique (en parit de pouvoir d'achat) ds le milieu des annes 80. Depuis, constate le chercheur amricain Kevin P. Gallagher, l'rosion des sols a pourtant progress de 89 % dans ce pays, les dchets municipaux de 108 % , la pollution de l'eau de 28 % et la pollution de l'air dans les villes de 97% ! Renforant la conviction de ceux qui pensent que les pays mergents cherchent s'abstraire de toute contrainte rglementaire pour mettre en uvre des politiques de dumping environnemental destines attirer les multinationales Source : C.Chavagneux , Le Sud et le dveloppement durable , Alternatives conomiques , HS n63 , 2005 B: Le problme, comme en conviennent G. Grossman et A. Krueger, est que cette relation en U invers ne peut tre gnralise. Elle ne vaut que pour certains polluants qui ont des impacts locaux court terme et non, par exemple, pour les rejets de CO2 ou la production des dchets mnagers qui croissent avec le revenu par tte. De plus, quand elle est tablie, cette relation n'est pas mcanique. C'est parce que des politiques publiques sont menes que l'on peut enregistrer des rsultats encourageants dans la lutte contre les

pollutions. Enfin, il ne faut pas oublier que les rductions d'missions observes peuvent tre compenses par d'autres augmentations, les industries les plus polluantes pouvant tre transfres sous des latitudes o la rglementation est moins contraignante. Source : F.D.Vivien , Croissance soutenable ou croissance zro , Sciences humaines , horssrie n49 , aot 2005 2 LES LIMITES DU MARCHE DES DROITS A POLLUER Emissions from Fossil Fuel + Cement Emissions increased from 6.2 PgC per year in 1990 to 8.5 PgC in 2007, a 38% increase from the Kyoto reference year 1990. The growth rate of emissions was 3.5% per year for the period of 2000-2007, an almost four fold increase from 0.9% per year in 1990-1999. 2007 Fossil Fuel: 8.5 Pg C Fossil Fuel Emission (GtC/y)

9 8 Emissions 7 6 5 4 3 2 1 0 1850 4001850 380 360 340 320

300 Data Source: G. Marland, T.A. Boden, R.J. Andres, and J. Gregg at CDIAC 280 1870 1870 1890 1890 1910 1910 1930 1930 1950

1950 1970 1970 1990 1990 1990 - 1999: 0.9% y-1 2000 - 2007: 3.5% y-1 2010 2010 3 LE ROLE DU PROGRES TECHNIQUE EST A RELATIVISER Drivers of Anthropogenic Emissions

1.5 Factor (relative to 1990) 1.4 1.5 World 1.4 1.3 1.3 1.2 1.2

1.1 1.1 1 1 0.9 0.9 0.8 F Emissions (emissions) P Population (population)

gWealth = G/P= per capita GDP hCarbon = F/Gintensity of GDP 0.7 0.6 0.5 1980 1985 1990 Raupach et al 2007, PNAS 1995 2000

0.8 0.7 0.6 0.5 2005 1980 Regional Emission Pathways C emissions Wealth per capita Population C Intensity Developed Countries (-) Developing Countries Raupach et al 2007, PNAS

Least Developed Countries III - UNE REMISE EN CAUSE DE LA NOTION DE DEVELOPPEMENT DURABLE : LA DECROISSANCE ? Ds lors que lon identifie les efforts entreprendre , il est assez tentant dy opposer lide que les progrs de la technologie permettront de rgler le problme ailleurs et plus tard sans quil soit ncessaire de faire ici et maintenant des efforts coteux . ( ) . Economiser lnergie service rendu quivalent reprsente donc une marge de manuvre significative , une opportunit relle pour nos entreprises .Les technologies mises en uvre pourraient aussi favoriser une volution des pays mergents mieux adapts la prservation de lenvironnement . Mais gagner un facteur 2 est la fois considrable et... insuffisant pour stabiliser la perturbation climatique. Croire que l'on peut tout miser sur le progrs technologique en ngligeant ce qui a trait notre organisation sociale, notre mode de vie et aux aspirations qu'ils matrialisent relve de l'utopie.

Aller au-del exige que nous dveloppions une socit sobre en rduisant notre consommation matrielle. En outre, les amliorations techniques sont relativement longues mettre en uvre . ( ) Continuer jauger la sant d'une nation la vigueur de la croissance de sa production industrielle ou de la consommation des mnages en produits manufacturs ; dvelopper les infrastructures routires ou aroportuaires ,et plus gnralement favoriser l'augmentation de la mobilit; subventionner l'agriculture sur la base des volumes (alors qu'il faudrait privilgier les consommations locales et la qualit plutt que la quantit) ; raisonner de manire sectorielle, c'est--dire grer sparment agriculture, transports, urbanisme ou toute activit conomique et sociale. Enfin, nous pourrions ajouter : ignorer l'ampleur relle du problme. ( ) Le PNB, le taux de croissance de l'conomie, les chiffres d'affaires et profits des entreprises, etc., sont le rsultat de rgles conventionnelles qui varient au cours du temps : les mesures conomiques sont une reprsentation indispensable, mais partielle et simplifie, du monde rel, utile au quotidien, mais insuffisante pour arbitrer des enjeux de trs long terme. Dans ce strict cadre, de nombreuses questions n'ont pas de rponse objective : quel prix attribuer la vie humaine ? Doit-il tre le mme en France et au Bangladesh ? Quel prix accorder la disparition d'une espce animale, des glaciers alpins ou de paysages chers ?

En conclusion, il n'est pas souhaitable de se fonder sur ces seuls critres pour juger de la ncessit d'une rupture aussi importante que celle qu'impliquerait une forte rduction des missions. Car, au bout du compte, savoir si nous entendons privilgier la prudence ou la prise de risques ne relve pas d'un choix conomique, mais d'un choix de socit. SOURCE : H Le Treut et JM Jancovici, leffet de serre, dominos, Flammarion,2001 On appelle oxymore (ou antinomie) une figure de rhtorique consistant juxtaposer deux mots contradictoires, comme l'obscure clart. Ce procd invent par les potes pour exprimer l'inexprimable est de plus en plus utilis par les technocrates pour faire croire l'impossible. Ainsi, une guerre propre, une mondialisation visage humain, une conomie solidaire ou saine, etc. Le dveloppement durable est une telle antinomie. Il y a donc ds le dpart une divergence manifeste sur la signification du soutenable/durable. Pour les uns, le dveloppement soutenable/durable, c'est un dveloppement respectueux de l'environnement. L'accent est alors mis sur la prservation des cosystmes. Le dveloppement signifie, dans ce cas, bien-tre et qualit de vie satisfaisants, et on ne s'interroge pas trop sur la compatibilit des deux objectifs, dveloppement et environnement. Cette attitude est assez bien reprsente chez les militants d'ONG et chez les intellectuels humanistes. La prise en compte des grands quilibres cologiques, doit aller jusqu' la remise en cause de certains aspects de notre modle conomique de croissance, voire mme de notre mode de vie. Cela peut entraner la ncessit d'inventer un autre paradigme de dveloppement (encore un ! mais lequel ? On n'en sait rien)7. Pour les autres, l'important est que le

dveloppement tel qu'il est puisse durer indfiniment8. Cette position est celle des industriels, de la plupart des politiques et de la quasi-totalit des conomistes. A Maurice Strong dclarant le 4 avril 1992 : Notre modle de dveloppement, qui conduit la destruction des ressources naturelles,n'est pas viable. Nous devons en changer, font cho les propos de Georges Bush (senior) : Notre niveau de vie n'est pas ngociable9.. Cette ambigut est dj prsente en permanence mme dans le rapport Brundtland. On lit, en effet, la page l0 du rapport : Pour que le dveloppement durable puisse advenir dans le monde entier, les nantis doivent adopter un mode de vie qui respecte les limites cologiques de la plante. Toutefois, neuf pages plus loin, il est crit: tant donn les taux de croissance dmographique, la production manufacturire devra augmenter de cinq dix fois uniquement pour que la consommation manufacturs dans les pays en dveloppement puisse rattraper celle des pays dvelopps. Comme le remarque non sans humour Marie-Dominique Perrot : Le Rapport dans son ensemble montre que l'objectif poursuivi ne vise pas tant limiter l'opulence conomique et le gaspillage des puissants (au Nord comme au Sud) qu' proposer une sorte de saut prilleux fantasmatique qui permette de garantir le beurre (la croissance), l'argent du beurre (l'environnement) ainsi que le surplus du beurre (la satisfaction des besoins fondamentaux) et mme l'argent du surplus (les aspirations de tous aujourd'hui et l'avenir).On ne peut que reprendre sa conclusion dsabuse : Qu'est-ce donc que le dveloppement durable, sinon l'ternit assure une extension universelle du dveloppement? Source S Latouche, limposture du dveloppement durable, in monde en dveloppement, vol 31

Ds les annes 1970, les travaux de Nicholas Georgescu-Roegen et de Ren Passet, notamment, ont montr que la logique de croissance infinie propre au capitalisme tait physiquement insoutenable. (..] Nicholas Georgescu-Roegen montre qu'il ne suffit pas de renoncer la croissance. En effet, le simple maintien de notre niveau de vie actuel prenniserait des prlvements considrables dans notre patrimoine, au dtriment des perspectives de survie des gnrations futures : Chaque fois que nous produisons une voiture, nous le faisons au prix d'une baisse du nombre de vies venir. Ainsi, la croissance zro ne ferait que retarder les catastrophes; seule la dcroissance permettrait de retrouver un mode de vie soutenable. Une autre excellente raison de prner la dcroissance, au moins dans les pays du Nord, rside dans l'impratif de dveloppement des pays du Sud. Dans un monde o les 20% d'habitants du Nord consomment 80 % des ressources mondiales, l'engagement du Sud dans un mouvement mondial pour le dveloppement durable est politiquement insoutenable s'il ne consiste pas redistribuer la consommation des ressources son profit. Franois Schneider propose un calcul grossier, mais trs clairant sur ce qui est ici en jeu. Si, pour rtablir la justice l'horizon 2050, nous devions offrir une consommation par habitant partout quivalente celle qui prvaut aujourd'hui au Nord, et en supposant que ce dernier se contente du niveau actuel, il nous faudrait disposer d'un espace naturel quivalent douze plantes ! Le seul scnario autorisant l'galit mondiale un

niveau soutenable impliquerait un doublement de la consommation dans les pays du tiers monde et sa dcroissance annuelle de 5 % dans les pays industrialiss pendant quarante-huit ans! Source :Jacques Gnreux, Alternatives conomiques n 206, septembre 2002. On peut certes discuter ces estimations, mais cela ne changera rien au problme. Quand bien mme la dcroissance ncessaire pour librer les ressources ncessaires au dveloppement du Sud serait de cinq dix fois infrieure ce qu'indiquent les chiffres de Schneider, une dcroissance serait politiquement impossible et socialement inacceptable. Quand on considre les problmes sociaux insolubles auxquels nous sommes confronts ds que la croissance est seulement ralentie, il est vident qu'un recul annuel permanent de la production de 1 % ou mme de 0,5% engendrerait un vritable chaos social. Seules des dictatures effroyables pourraient l'imposer avant de s'orienter rapidement vers une autre solution : le

gnocide des pauvres. Aprs tout, s'il nous faut deux ou trois plantes pour rendre notre mode de vie soutenable, il suffirait de diviser la population mlondiale dans les mmes proportions ! Si l'on estime que notre culture relativement dmocratique nous interdit d'envisager une telle perspective, il faut se rendre l'vidence qu'elle nous interrdit aussi de promouvoir la dcroissance que l'cologie radicale nous prsente comme une ncessit vitale. La seule issue cette impasse est de rechercher non pas la dcroissance, mais une autre croissance qui substitue progressivement la consommation de services immatriels et de manire recycle aux biens dont la fabrication dtruit le patrimoine naturel. Une voiture fabrique avec les matriaux d'une ancienne voiture et consommant de l'lectricit solaire ou olienne n'est pas produite au prix d'une baisse du nombre de vie venir. Source :Jacques Gnreux, Alternatives conomiques n 206, septembre 2002.

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